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Aoste 1947
Les deux manifestations organisées au début du siècle à Chatillon avaient été capables d’enthousiasmer et impliquer un monde, à ces temps-là, avare de satisfactions, fermé à la possibilité d’exprimer ses sentiments, d’établir des contacts humains et sociaux plus vastes. Les « Bataille de Reines » avaient offert aux parents et aux amis la possibilité et l’occasion de se retrouver dans une atmosphère de joyeuse fête de pays. Et donc au début de l’année 1947 un groupe de tenaces éleveurs de Aoste et des communes limitrophes, M. Pio Artaz de Chatillon, M. Germano Bal de Sarre, Germain Bionaz de Aoste-Pont de Pierre, Gioacchino Bus de Aoste-Signayes, Marcel Chuc de Aoste-Porossan, Humbert Vevey de Quart, tirant l’idée de la contribution offerte à l’agriculture et à l’élevage en particulier des « bataille de reines », jugèrent nécessaire le les proposer à nouveau dans un plus vaste contexte régional.
Encouragés par le Comité des Traditions Valdôtaines et sollicités chaleureusement par les nombreux éleveurs, ils décidèrent de faire naître un Comité ad hoc.
Au début leur lourde tâche se présenta chargée de difficultés et d’imprévus. La grande passion, unie à la tenace et solide volonté, aidèrent ces courageux pionniers à dépasser les difficultés initiales. Après plusieurs rencontres et discussions ils réussirent à approuver un premier programme de base prévoyant, sous l’attentif contrôle d’un jury, la mise en place des « batailles de reines » à développer tous les ans dans des communes différentes, auxquelles pouvaient participer les bovines des éleveurs résidant sur le territoire régional. Le nombre et les sièges étant établis par le Comité.
La première « bataille » est dûment assignée au chef-lieu régional. Décision conseillée aussi par la prévision d’une importante participation des éleveurs aves leurs « reines », ainsi que de spectateurs. La manifestation était aussi vue comme un possible véhicule de publicité pour la poursuite des activités et pour la mise en valeur des bovines participantes.
L’arène du terrain sportif Aoste-football, gentiment offerte par les Autorités compétentes, est choisie comme terrain de compétition, et la date de la manifestation fut fixée au jeudi 15 mai, fête religieuse.
Malgré les difficultés, à ces temps-là, de faire un grand battage l’événement se diffuse rapidement dans la Vallée tout entière.
Vers 14 heures, bénis par une merveilleuse journée de soleil printanier, environ 4000 spectateurs, arrivés avec tout type de moyen de transport, amassés sur les gradins du terrain de sport et sur les murs tout autour attendent avec beaucoup d’impatience l’arrivée des concurrentes et pareillement le commencement des combats. C’et un spectacle
Extraordinaire et émouvant, et pour les organisateurs une heureuse et encourageante surprise.
Dans l’arène les groupes folkloriques de Cogne et Gressoney-Saint-Jean dans leurs traditionnels et riches costumes, animent des bals et des danses. Accompagnés par la gaie musique du groupe des « frustapot » de Gressan, ils amusent gardant l’attention du public et ajoutent à la fête un contour de joyeux folklore local.
La présence dans la tribune d’honneur de l’avocat Severino Caveri, président du gouvernement régional, du maire de la ville et de plusieurs autorités, ajoutent une grande valeur à la manifestation.
Le jour même, dans l’arène, a lieu la finale régionale du championnat de « fiolet », jeu traditionnel valdôtain, entre les équipes de Morgex et de Aoste- Excenex. La compétition est enthousiasmante et encouragée par le public généreux. C’est l’équipe de Morgex qui gagnera, mais le titre de champion valdôtains sera à l’épique de Excenex, avant ces derniers dans l’année totalisé le meilleur classement aux points.
Les concurrentes entrent dans l’arène, saluées par des chaleureux applaudissements. Le jury, définis les accouplements des rencontres, donne finalement le feu vert aux compétitions. Les bovines sont portées par couple au milieu de l’arène, une à côté de l’autre à brève distance.
Info: La reine de Louis Démé avec lo " Bikiuli" defile avec le bosquet.
Les concourantes avant de se battre, s’étudient entre elles, s’observent pour découvrir les côtés les plus vulnérables, puis d’emblée elle déclanchent l’attaque frontale. Les couples venant après suivent le même rituel. Les combats se déroulent par l’élimination directe, donc seulement la bovine gagnante passera le tour suivant.
Les luttes se succèdent, élimination après élimination, toujours spectaculaires et toujours passionnantes, jusqu’à ce que seulement deux bovines se rencontrent pour la bataille finale.
Toutes les deux sont de puissants exemplaires de la race pie noire valdôtaine. « Reina » nom déjà heureux, appartient à l’éleveur Luis Démé de Brissogne ; « Alpina » fille des Alpes, à l’éleveur Marcel Chuc de Aoste lequel a l’avantage de jouer sur son terrain.
Le jury propose dix minutes de pause, qui semblent trop longues aux spectateurs.
Le spectacle recommence par l’appellation des deux concurrentes. Arrivées au milieu du terrain de compétition elles approchent en émettant des sons caverneux pour s’intimider l’une l’autre, puis elles se lancent tête contre tête avançant et reculant.
Dans l’arène c’est le silence. Le pronostic sur la gagnante est de grande incertitude, les deux rivales au cours des combats éliminatoires avaient mis en évidence leur épaisseur guerrier et agressif.
La lutte avant équilibrée, devient au fur et à mesure si furieuse et vibrante à clouer les tensions et les émotions du public. Le duel, sans exclusion de coups, dure plus de cinq minutes : enfin « Alpina » plus fatiguée, laisse la victoire à « Reina » de nom et de fait, laquelle est acclamée « reina du chef-lieu régional ».
La tension qui avait pris le public se déverse sur les deux « actrices » par une ovation sans conditions. Comme le réclame la tradition, la gagnante est couronnée avec une branche de pin, ornée de fleurs rouges insérées dans le collier des nouvelles sonnailles reçues comme prix.
La distribution des prix terminée, toutes les concurrentes défilent à l’intérieur de l’arène, par le rituel tour en honneur des spectateurs qui remercient par une chaleureuse démonstration d’appréciation et d’affection, sûrement adressée même à leurs éleveurs et comme reconnaissance au travail de l’organisation.
La manifestation avait été bien menée, elle avait réussi à enthousiasmer le public, à rallumer dans l’âme des éleveurs la passion pour les « reines » et à démontrer que les « bataille de reines » outre à mettre en valeur les élevages étaient nécessaires à la sauvegarde de la culture et des traditions locales.
Info : Louis Démé fier avec sa famille.
Une série de photos de grandes reines qui font partie de l'historie,de la légende, de la bataille de reines.
Mourin " la grise" des frères Clos deux fois reine régionale en 1998 et 1999 de première catégorie. Ici dans cette photo le jour de l'inalpe dans l'alpage "Terré". En haut de la photo: monsieur Adolphe Clos un grand et charismatique personnage de notre Petite Patrie qui malheureseument nous à quittè.
La mythique Mourin.
Suisse de Arturo Nex reine régionale en 1997 de deuxième catégorie.
Cette reine à toujours lutté avec une impressionante " rage de vaincre", ses tareaux on laissé beaucoup de reines ( Reinetta Claudio Berthod reine en troisième catégorie en 2003, Lupa de Diego Perrin, Paison Gillio Jotaz, Suisse de Cerisey et beaucop d'autres.
Tormenta d'Aurelio Cretier dix 10 fois classé à la régionale une légende.
La fameuse Guerra de Michel Bionaz deux fois reine régionale en 2002 et 2003. Une superbe vache qui donnait des cornes comme un train!
Venise ! Reine cent jours à l'alpage des Clos et trois fois reine régionale en 2004, 2005,2006. Les "mordus des reines" se souviennent des grande lutte avec Guerra de Bionaz.
Mourina des frères Vierin: reine régionale en 2006 de 2éme catégorie et en 2007 de première catégorie. Issu d'un tareau des frères Porliod de Saint Barthelemy.
Merleun de la ferme Verney de Rudy Fiou Gressan Reine régionale en 2008.
Cobra de la Ferme "la Borettaz" de Gressan deux fois reine régionale en 2009 et 2010
Feysan de Michel Bionaz Brissogne reine régionale de 2ème catégorie en 2008 et 2009
Et pour finir mon voyage voilà une photo très particulière qui voit deux reine régionale se lutter.
S'agit de Venise des frères Clos ( reine régionale trois années consécutives et Rubys de Peppellin Stefano achetée chez les Clos et reine régionale 2010 en deuxième catégorie.
1957 Merleun des frères Marcoz combat de Brissogne
Brissogne 1957
Une légendaire reine : DRAGON de Dario Marcoz Brissogne Reine régionale en 1975 et 1976 de 2ème catégorie.
DRAGON avec son propriétaire Dario Marcoz, a gauche Gustino Mochettaz notre grand président.
Saint Barthelemy- Nus Vielle photo de la "pecotaye" des frères Lombard.
Saint Barthelemy le pays des reine vielle photo d'une " blantze et neye" des frères Lombard.
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